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Ciné-débat : Wikileaks, enquête sur un contre-pouvoir

octobre 10 @ 20 h 00 min - 22 h 00 min

«La peine de mort ou la détention à vie» : telle est la sépulture pénale qui l’attend s’il est jugé en Amérique. Depuis le 11 avril dernier, Julian Assange –incarcéré dans le pénitencier londonien de Belmarsh– passe ses journées et ses nuits dans l’attente fébrile d’une probable extradition vers les Etats-Unis. Pour la Grande-Bretagne, la décision va de soi. Avant même tout jugement prononcé par la Haute Cour de Westminster en février prochain, les autorités politiques britanniques ont déjà fait part de leur volonté expresse. Le 12 juin, le ministre de l’Intérieur Sajid Javid a révélé avoir signé et certifié l’ordre d’extradition du fondateur de WikiLeaks.

Pour l’Administration Trump, évidemment, la question ne se pose pas. Qualifié d’«ennemi « numéro un » des Etats-Unis», Assange est poursuivi par le gouvernement US au titre de 18 chefs d’inculpation –relevant tous de l’«Espionage Act» qui, dans le droit américain, sont passibles de la peine capitale. «Londres, à qui nous en avons fait la demande, va extrader Julian Assange», a tenu à réaffirmer le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo. Preuve de cette conviction ? L’Etat américain de Virginie a constitué, depuis plusieurs mois, un Grand Jury dans le but avoué de délivrer contre le journaliste australien un verdict de culpabilité absolue. Le 24 mai 2019, le Département de la Justice l’a encore répété : pour avoir constitué «une association de malfaiteurs en vue de recevoir des informations confidentielles relevant de la défense nationale, à l’avantage d’une nation étrangère» [sic], Assange sera condamné à –au moins– 175 années d’emprisonnement…

WIKILEAKS. C’est en 2010 que le site WikiLeaks s’est fait vraiment connaître. Plus précisément, le 5 avril 2010 avec la diffusion de Collateral Murder… Sur cette vidéo, de quelques minutes seulement, on voit des militaires américains exécuter délibérément des civils irakiens «sans défense». Lors de ce raid, qui a eu lieu trois années plus tôt (le 12 juillet 2007) à Bagdad, dix-huit personnes –dont deux reporters de l’agence Reuters– sont «assassinées» en pleine rue, sans aucuns motifs. Outre des images d’apocalypse, la vidéo laisse entendre le dialogue mené entre le pilote de l’hélicoptère Apache et son supérieur qui, à plusieurs milliers de kilomètres du front de guerre irakien, l’encourage à mitrailler «tout ce qui bouge». Les réactions à la diffusion de Collateral Murder ne tarderont pas. Les premiers à sonner l’hallali contre Assange ? Les éditorialistes politiques de la chaîne ultra Fox News, pour qui «un homme mort ne peut plus divulguer quoi que ce soit. Assange est un traître, et il a désobéi à toutes les lois des États-Unis. Il n’y a qu’une chose à faire, tirer sur ce fils de pute. Illégalement».

Juillet 2010, nouveau scoop sensationnel. WikiLeaks –en partenariat avec vingt des plus grands journaux occidentaux– rend publics 91.000 documents compromettants : les Afghan War Diaries. Parmi les innombrables rapports militaires internes et notes de service de l’armée américaine, une série de documents font particulièrement scandale. Ils révèlent l’existence d’un escadron de la mort au sein des forces spéciales US, la Task Force 373. Cette unité a pour mission d’exécuter méthodiquement 2.000 personnes. Des assassinats ciblés («bavures» comprises) pour lesquels les membres du gouvernement Obama mériteraient d’être jugés pour «crimes de guerre».

En novembre de la même année, WikiLeaks diffuse les CableGate qui vont faire du hacker australien la bête noire de l’Administration américaine. Les CableGate regroupent plus de 250.000 télégrammes diplomatiques, la plupart «top secret». Puis de nouvelles «fuites» vont se succéder : les Syria Files ; les Kissinger Cables ; l’espionnage des trois Présidents français Chirac, Sarkozy, Hollande et de la Chancelière Angela Merkel (tous mis sur écoute par les services de renseignements de l’armée américaine); les méthodes barbares recommandées pour faire parler les prisonniers détenus à Guantanamo ; les défauts, sciemment cachés, de la centrale nucléaire de Fukushima ; le rôle joué par la Fondation Clinton, financée avec largesse par l’Arabie Saoudite ; les demandes réitérées de la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, pour que Riyad fournisse encore plus d’armes aux combattants de Daesh («l’Etat Islamique»)…

Cette projection a lieu grâce à l’appui de

«Premières lignes» / «ARTE» / «LCP Assemblée Nationale» 2013

 

Le film sera suivi d’un débat avec  Clare DALY, Eurodéputée irlandaise, affiliée au groupe de «la Gauche unitaire européenne »

 

WIKILEAKS, ENQUÊTE SUR UN CONTRE-POUVOIR

France 2013 / 55 minutes

L’Aventure

Galerie du Centre, 57 rue des Fripiers à Bruxelles

[entre la Monnaie et l’arrière de la Bourse]

 

 bxl1@attac.be      http://bxl.attac.be       tél : 0494 808 854

 

Détails

Date :
octobre 10
Heure :
20 h 00 min - 22 h 00 min
Catégorie d’Évènement:

Lieu

L’Aventure
Bruxelles, + Google Map

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