La nuit de vendredi à samedi, sans fard, sans intermédiaire, l’armée étatsunienne a bombardé des points stratégiques de la capitale du Venezuela et enlevé le couple présidentiel, sous le prétexte risible de narco-terrorisme.

L’enjeu est évidemment tout autre : il s’agit de prendre le contrôle des considérables réserves de pétrole du Venezuela, d’empêcher qu’il ne soit vendu à Cuba, à prix d’amis, et tout aussi insupportable pour Washington, qu’il n’échappe à la main-mise du dollar en s’échangeant contre des yuans, par exemple.

Une fois de plus le droit international est piétiné Et c’est à peine si la Belgique, ou l’Union européenne, réagissent.

Certes, ce n’est pas là un acte de piraterie isolé. Cette ingérence colonialiste s’inscrit dans une longue liste de coups soutenus ou fomentés par les États-Unis, souvent en lien avec le pétrole.

[Sans remonter à l’extermination des peuples indigènes, quelques dates et quelques noms après la Seconde Guerre mondiale.

En 1953, Mossadegh, Premier ministre iranien, est renversé dans un coup d’état orchestré par la CIA et le MI6

En 1954, au Guatemala, le président Arbenz Guzman est renversé par la CIA protégeant les intérêts des multinationales agro-alimentaires.

En 1966, en Indonésie, le président Sukarno est évincé par le jeune officier Suharto, avec l’appui des États-Unis.

En 1973, Salvador Allende, président élu du Chili, est renversé (et tué) lors du coup d’état d’Augusto Pinochet, soutenu par la CIA.

En 1983, les États-Unis envahissent la Grenade, où Maurice Bishop menait une politique trop proche des communistes.

En 1989, au Panama, les États-unis capturent Manuel Noriega en l’accusant de trafic de drogue.

En 2003, les États-unis envahissent l’Irak de Saddam Hussein et le tuent.

En 2009, Manuel Zeleya, président élu du Honduras est enlevé pendant la nuit.

En 2011, les États-Unis et quelques autres pays bombardent la Libye, démettent et tuent Mouammar Kadhafi.]

De façon plus ou moins ouverte, la première puissance mondiale fait savoir qu’elle fait ce qu’elle veut, quand et là où elle le veut. C’est là une posture impérialiste qu’ATTAC dénonce avec force.


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