[Dr Pierre Drielsma]

La question, intégrée, de la garde de médecine générale et des urgences hospitalières est sur la table, à l’INAMI, depuis le début des années 2000.

Un groupe de travail s’est constitué, où les membres du GBO-Cartel ont été particulièrement actifs (*). De ses travaux de longue haleine a émergé un rapport, en 2004, qui pour l’essentiel reste d’actualité. Il insistait déjà sur le nécessaire transfert des pathologies bénignes vers la garde de médecine générale et sur l’organisation de celle-ci autour de postes médicaux de garde (PMG).

Malheureusement, le développement de ces postes a été insuffisamment encadré. Certes, il faut laisser au terrain une grande liberté dans le choix des modalités pratiques mais le service rendu doit être mesurable et suffisant par rapport aux moyens dégagés. Or, ce modèle bottom-up n’a pas été supervisé dans le cadre d’une réelle politique globale, organisationnelle et financière. Certains PMG ont engagé plus de dépenses que d’autres. Ce qui, en plus d’être inefficient, génère des iniquités entres postes et médecins.

Ces dernières années, la commission nationale médico-mutualiste a confié à un nouveau groupe de travail, au sein de l’INAMI, l’analyse des demandes de création de nouveaux PMG. Le GBO, à nouveau très investi dans la problématique (**), y a plaidé l’harmonisation et la généralisation des postes sur tout le territoire belge, en tenant compte des réalités spécifiques du terrain (densité des populations, des généralistes, superficies couvertes, disponibilité hospitalière…).

Cette harmonisation est en cours, mais il est prématuré de dire ce qui en sortira. Les pouvoirs publics tiendront-ils suffisamment compte des particularités locales objectives ?

La permanence doit répondre aux besoins en soins non programmés des patients, sans être intenable pour les généralistes.

LA VISION DU GBO

Le GBO a soutenu, dès la première heure, la création de PMG qui fonctionneraient le soir en semaine et le WE, avec une garde mobile accompagnée de chauffeurs pour sécuriser les déplacements (***).

Le GBO n’est pas partisan de « dispensaires de jour » (en jours ouvrables). Sauf dans les localités en pénurie de MG et dans celles, souvent urbaines, où la population consulte insuffisamment la première ligne de soins (touristes, migrants, expatriés…). Un dispensaire tend alors à une inscription la plus large possible des patients auprès d’un généraliste.

Pour la nuit profonde (23h-8h), lorsque le débit de patients est faible, le GBO considère qu’une fusion au sein de l’hôpital des gardes généraliste et hospitalière peut survenir, si nécessaire et en particulier là où la faible densité des généralistes l’impose. Idéalement, une garde mobile doit être assurée également durant cette tranche horaire.

En effet, une attention particulière doit être portée à la prise en charge de deux groupes spécifiques, non mobiles : les résidents des maisons de repos (et de soins) et les patients en soins palliatifs. L’infirmier de la MR(S) ou de soins palliatifs, premier contact du patient, détermine si le passage du médecin s’impose. Il s’agira, en priorité, du généraliste titulaire du DMG, et à défaut d’un confrère de garde qui pourra le contacter si nécessaire. Le GBO plaide pour une généralisation des compétences en soins palliatifs en médecine générale.

LE GBO DEMANDE

  • De poursuivre une bonne (ré)organisation de la permanence des soins en médecine générale pour pérenniser ce service au public mais en veillant à garantir aux généralistes des conditions de travail tenables.

Comme le révélait fin 2018 une enquête du Soir et du Journal du médecin, la majorité des jeunes généralistes souhaitent exercer en groupe et réduire les astreintes de garde au minimum acceptable pour une permanence de soins respectueuse des patients et de leurs besoins (pas de leur caprices).

Une telle permanence, soutenue par un tri 1733 qui doit se généraliser de toute urgence sur l’ensemble de la Belgique, contribuera aussi à réduire la fréquentation inappropriée de la garde (on estime de 30 à 50% le recours erroné aux différents dispositifs de garde. Des patients s’adressent à l’hôpital alors qu’ils devraient se rendre au poste de garde (quand il existe) et rester chez eux au lieu de consulter le poste de garde.

A discuter suggestion Anneet check MoDeS

  • D’activer la réorganisation de la garde des médecins spécialistes. Il faudrait promouvoir auprès des spécialistes qui exercent en privé (le retour à) la pratique en hôpital, avec une activité panachée par exemple à raison de 50% d’extra muros et de 50% d’intra muros avec participation à la garde hospitalière.

Non seulement la population mais les généralistes revendiquent une garde hospitalière compétente. Il est par exemple souhaitable, pour les cas complexes de pédiatrie, d’avoir affaire à un pédiatre et non à un généraliste hospitalier (sinon le poste de garde fera l’affaire).

  • Une répartition juste et suffisante ( ?) sur l’ensemble du territoire.
  • Un financement équitable par habitant et pas en fonction de la demande des prestataires
  • Un financement renforcé pour les zones peu denses en tenant compte des lignes isochrones d’accès aux soins non programmés

(*) placé sous la présidence de l’interniste Robert Rutsaert, le groupe incluait e.a. les Drs Reinier Hueting, président du Cartel, Marcel Bauval (GBO) et Pierre Drielsma (GBO)

(**) par l’intermédiaire du Dr Anne Gillet (GBO) et de la consultante Valentine Gevers

(***) en matière de sécurité lors des gardes, un dialogue s’est récemment noué à l’initiative du GBO entre les polices de Schaerbeek et d’Evere et la Fédération des cercles de médecins généralistes bruxellois. Ce genre de dialogue est à encourager aussi en Wallonie.


  • Publié : 2 ans ago on 11 février 2021
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  • Dernière modification : février 11, 2021 @ 11:01
  • Catégorie : Santé

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