Résumé
Le texte montre d’abord que les échanges internationaux sont profondément biaisés lorsque les taux de change sont fixés de manière arbitraire et non selon la parité des pouvoirs d’achat, car ils produisent alors des pays « gagnants » et des pays « perdants » en pouvoir d’achat réel. Cette situation alimente la confusion entre des droits de douane nécessaires et légitimes, qui corrigent ces déséquilibres, et des droits de douane purement protectionnistes susceptibles de provoquer des conflits commerciaux puis diplomatiques.
Les auteurs détaillent les effets néfastes de la libre circulation des marchandises dans ce cadre : sous-évaluation et surévaluation de certaines monnaies, délocalisations, « pillage » des pays à monnaie sous-évaluée, destruction d’emplois dans les pays à monnaie surévaluée et effet de ciseaux sur les budgets publics et de protection sociale. Ils soulignent que ces déséquilibres affaiblissent les services publics (enseignement, protection sociale, etc.) et aggravent les inégalités de chances, tout en rendant certains pays de plus en plus dépendants des importations et vulnérables à terme.
Dans ce contexte, les droits de douane appliqués aux importations en provenance de pays à monnaie sous-évaluée sont présentés comme nécessaires et légitimes, car ils protègent la production et l’emploi des pays importateurs et réduisent le pillage des pays exportateurs. À l’inverse, lorsque les taux de change sont déterminés dans le respect de la parité des pouvoirs d’achat, les droits de douane deviennent protectionnistes, inefficaces économiquement et dangereux politiquement, puisqu’ils pénalisent les consommateurs, les producteurs étrangers et peuvent déclencher une escalade de tensions.
Les auteurs proposent enfin une stratégie graduelle pour parvenir à des taux de change fondés sur la parité des pouvoirs d’achat, combinant réévaluations et dévaluations étalées dans le temps, éventuellement appuyées par des droits de douane transitoires. Une fois ces taux de change correctement établis, les échanges se réaliseraient dans l’équivalence, favoriseraient l’enrichissement mutuel, mettraient fin aux délocalisations massives, amélioreraient l’emploi et les recettes fiscales, et supprimeraient la principale source de conflits commerciaux liés aux déséquilibres monétaires.
