[Par Englebert Renier]


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Face à la construction européenne, il y a deux attitudes fondamentales :

  • celle des anti-européens (attitude nationaliste, « souverainiste »)
  • celle des pro-européens (attitude supranationaliste, unioniste, intégrative, fédéraliste)

Pro-européens qui se divisent en deux camps :

1) le camp des inconditionnels de l’Union Européenne telle qu’elle est et devient, le camp des partisans sans réserve de ce qui se fait sous nos yeux médusés, les « béni-oui-oui »

2) le camp des tenants d’une autre Europe, des adeptes des Etats-Unis d’Europe (union des Etats membres dans un Etat fédéral européen), construits sur le socle de la démocratie politique (c.-à-d. le gouvernement par le peuple procédant de la volonté populaire) et de la démocratie sociale, (c.-à-d.le gouvernement pour le peuple, favorisant le bien-être du peuple, de la société tout entière).

C’est à ce second camp que nous appartenons, même s’il reste bien des équivoques à lever.

Par-delà cette remarque, le but, ici, n’est pas de faire du prosélytisme, mais de bien comprendre et d’analyser lucidement la construction européenne en homme libre, capable d’entendre toutes les opinions et de montrer, à leur écoute, une vigilance redoublée, non seulement envers les préjugés et les intérêts des autres, mais aussi envers nos propres préjugés et nos propres intérêts.

Dans cette optique, il s’agit de dégager aussi objectivement que possible les éléments fondamentaux, les notions de base, les outils conceptuels nécessaires à l’analyse afin d’identifier clairement les courants et contre-courants c.-à-d.les principaux protagonistes du jeu politique.

C’est faute d’avoir ces outils bien présents à l’esprit que certains donnent de la construction européenne une image très brouillée (plus qu’elle ne l’est réellement) et qu’ils en retracent l’histoire de façon très subjective.

Certes, la construction européenne est un enjeu politique et, en politique, les acteurs du jeu avancent souvent masqués (« Gouverner, c’est faire croire »disait Machiavel).

Mais il est parfaitement possible d’appréhender la construction européenne de façon rationnelle et surtout de savoir qu’elle est le produit d’une lutte entre courants sociopolitiques peu nombreux et faciles à caractériser.

La méthode qui sera employée pour présenter le sujet est celle d’Hyppolite Taine (philosophe, critique et historien français 1828-1893) qui, dans ses Essais de critique et d’histoire, publiés en 1858

(soit 10 ans après le Manifeste du parti communiste de Karl Marx et Engels), écrivait presque textuellement ceci :

Connaître un objet (ici la construction européenne), c’est connaître la cause dont il procède, et la suivre dans tout l’ordre de ses effets.

Si vous décomposez tour à tour chaque partie de l’objet, vous trouverez qu’elles sont toutes gouvernées et formées par un petit nombre de forces qu’il faut démêler.

L’important est de marquer la direction et la puissance des courants, de sentir quel élan les emporte et de prévoir vers quels lits ils se précipitent.

Ici, comme ailleurs, le premier soin doit être de séparer ce qui est important de ce qui ne l’est pas.

Le but de l’histoire n’est pas se noyer dans la multitude des détails, mais de remonter jusqu’aux forces maîtresses.

Alors seulement l’histoire cesse d’être une compilation et devient une science, alors seulement, nous pouvons apercevoir et mesurer les puissances qui nous mènent ; alors peut-être peut-on prévoir.

L’histoire n’a pas pour objet de divertir, elle est une géométrie de forces à découvrir.

NB. Ceci n’est qu’une méthode historique, il n’est nullement question de s’inspirer par ailleurs de la philosophie politique d’H Taine (antiparlementaire)

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