La dette en Belgique – quelques chiffres clés

Jérémie Cravatte

La dette privée est beaucoup plus élevée (85 % de la dette totale) que la dette publique (15 %). La dette publique s’élève aujourd’hui à environ 465 milliards d’euros, soit environ 103 % du PIB. En valeur relative au PIB, c’est la cinquième plus importante d’Europe et la quatorzième au niveau mondial.

92 % du stock de la dette publique totale est à long terme, le reste est à court terme (moins d’un an). Plus de 80 % de la dette se présente sous forme d’obligations émises sur les marchés (le reste sous forme de crédits et un tout petit peu sous forme de dépôts). 100 % de la dette est aujourd’hui libellée en euros.

La dette fédérale représente 85 % de la dette publique totale (la dette communale 5 %). L’encours actuel des fameux Bons d’État, destinés aux particuliers, s’élève à environs cinq cents millions d’euros.

Le maximum historique de la dette publique (en valeur réelle) a été atteint en 1993 (près de 140 % selon les données « modernes »).

45 % de la dette publique est détenue par des investisseurs résidents (c’était 75 % il y a vingt ans). Dans son écrasante majorité, elle est détenue par des institutions financières.

Elle coûte en moyenne quarante-deux milliards d’euros par an (dont un peu plus de dix milliards en intérêts). Nous avons remboursé avec des impôts plus de cinq cent cinquante milliards d’euros d’intérêts depuis 1980.

Or la fraude fiscale représente plus ou moins trente milliards d’euros par an.

L’impôt sur les sociétés est officiellement de 33,99 %, mais dans les faits (l’impôt effectif) il est en moyenne de 12 % (et de 1 % pour les cinquante plus grandes entreprises en termes de bénéfices) – soit un manque à gagner (optimisation fiscale, pas fraude fiscale ici) de plus ou moins vingt milliards d’euros par an.

L’évasion fiscale (qui peut être, selon les cas, de la fraude ou de l’optimisation) s’élève à plus de deux cents milliards d’euros par an.

Le budget de l’État s’élève à plus ou moins deux cents milliards par an (sans compter les emprunts). Le déficit budgétaire tourne autour de 3 % du PIB (soit plus de dix milliards d’euros) ces dernières années (soit le montant des intérêts). Les sauvetages bancaires ont coûté quarante milliards d’euros (trente-trois milliards sans les intérêts) entre 2008 et 2012. Ils ont depuis ramené plus ou moins trente milliards.

Plus d’un tiers de la sécurité sociale est aujourd’hui financé par l’État (via l’impôt) qui a organisé son désinvestissement (via les cotisations sociales).

La dette des ménages (attention, seulement sous forme de crédits – hypothécaires à 80 %) s’élève à deux cent soixante-six milliards d’euros.

Le patrimoine financier des ménages est de plus ou moins mille trois cents milliards d’euros (leur patrimoine immobilier est estimé plus ou moins au même montant. Mais rappelons que le 1 % le plus riche en détiendrait 20 %, les 10 % les plus riches 50 %, les 20 % les plus riches 65 %, etc. [contre 0,2 % pour les 20 % les moins riches].

L’épargne présente sur les comptes s’élève à plus ou moins deux cent cinquante milliards d’euros. Mais rappelons qu’un tiers de la population n’a pas d’épargne. Plus ou moins 70 % de la population majeure est endettée, et 4 % en défaut de paiement. Les défauts de paiement des ménages concernent en majorité des petites sommes [la moyenne étant de trois mille cinq cents euros]. Le montant des arriérés [sur les crédits, de nouveau] est de trois milliards d’euros.

50 % des personnes avec emploi gagnent moins que le salaire moyen [qui est de 1 900 euros nets].

Les 20 % les plus nantis concentreraient plus ou moins 52 % de l’ensemble des revenus, alors que les 20 % les plus pauvres n’en totaliseraient que plus ou moins 4 %.

Le taux de pauvreté est de 16 % [21 % selon les critères européens plus larges].

Il y a 4,5 millions de personnes employées en Belgique [sur une population totale de 11,3 millions et une population « en âge d’être employée » de 7,3 millions]. Seulement 3,6 millions d’entre elles ont un emploi permanent. Le taux de chômage officiel est de 8 % [attention à ne pas oublier la réforme Di Rupo, c’est-àdire l’exclusion du droit aux allocations de chômage après trois ans]. un million de personnes « employées » [soit près de 25 % du total] le sont à temps partiel. 84 % sont des femmes et on considère que plus de 90 % de l’ensemble le sont de manière involontaire.

Plus de trois quart du PIB belge est constitué du secteur tertiaire [services], un cinquième du secteur secondaire [industrie] et très peu du secteur primaire [matières premières].

La part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises est passée de ~ 67 % en 1980 à ~ 57 % aujourd’- hui.

Il y a nonante banques en Belgique dont les bilans cumulés s’élèvent à plus de mille milliards d’euros [sans prendre en compte le hors-bilan]. Les quatre plus grosses [BNP Paribas, ING, KBC et Belfius] concentrent plus de deux tiers du marché. Depuis qu’elles ont été sauvées par l’argent public, elles ont détruit 15 % de l’emploi et fermé 25 % des agences. Leur ROE1 est de ~ 10 % et elles redistribuent ~ 50 % de leurs bénéfices en dividendes.

Les créances belges sur d’autres pays s’élèvent à moins de cinq milliards et, surtout, elles ne représentent que quelques dizaines de millions d’euros de « rentrées » [odieuses] par an.

L’aide publique au développement s’élève à 0,5 % du Revenu national brut [soit moins de deux milliards d’euros] et profite principalement à la Belgique.

Les investissements publics ont chuté de moitié en 25 ans. Les investissements communaux représentent 40 % de l’ensemble des investissements publics [pour 5 % de la dette publique].

1. ROE : Return on Equities c’est le rendement sur le capital investi


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