3 550 milliards de dollars dans les paradis fiscaux : dix ans après les « Panama Papers », la fortune des ultrariches toujours planquée
Dix ans après le scandale des « Panama Papers », Oxfam publie, ce jeudi 2 avril, une nouvelle analyse dénonçant l’ampleur et la persistance de l’évasion fiscale à l’échelle du monde. « La fortune non imposée dissimulée dans les paradis fiscaux par les 0,1 % les plus riches est supérieure à la richesse totale de la moitié la plus pauvre de l’humanité (4,1 milliards de personnes) », pointe l’ONG qui formule une série de mesures à l’intention des gouvernements.
C’est une petite bombe qui a secoué le monde le 3 avril 2016. À cette date, les premiers articles et une première série de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca (sur 11,5 millions) sont publiés.
Les « Panama Papers » révèlent l’ampleur de la toile de l’évasion fiscale, impliquant milliardaires et célébrités comme responsables politiques. Dix ans plus tard, malgré les progrès effectués, le monde du offshore se porte bien. « La fortune non imposée dissimulée dans les paradis fiscaux par les 0,1 % les plus riches est supérieure à la richesse totale de la moitié la plus pauvre de l’humanité (4,1 milliards de personnes) », dénonce Oxfam qui publie, jeudi 2 avril, une nouvelle analyse « soulignant la nécessité urgente d’une action internationale coordonnée pour taxer les fortunes extrêmes et mettre fin aux paradis fiscaux ».
L’ONG estime « qu’en 2024, 3 550 milliards de dollars de richesses non imposées étaient dissimulés dans des paradis fiscaux et des comptes non déclarés ». Soit environ 3,2 % du PIB mondial. Pour avoir une idée de ce que ça représente : « cette somme dépasse le PIB de la France et représente plus du double du PIB combiné des 44 pays les moins avancés du monde », souligne-t-elle. Selon ses données, cette évasion est concentrée dans un petit nombre de mains à l’échelle de la planète : 0,1 % des plus fortunés détiendraient ainsi environ 80 % de l’ensemble de la richesse offshore non imposée, soit environ 2 840 milliards de dollars. Tandis que la moitié de cette richesse (1 770 milliards de dollars) viendrait des seuls 0,01 % les plus riches.
« Des conséquences sont aussi prévisibles que dévastatrices »
Au-delà des sommes stratosphériques, les répercussions elles sont terre à terre pour le commun des mortels, rappelle l’association. « Les conséquences sont aussi prévisibles que dévastatrices : nous voyons nos écoles et nos hôpitaux publics privés de moyens financiers, notre tissu social déchiré sous le poids des inégalités croissantes, et les gens ordinaires contraints de supporter les coûts d’un système manipulé par une poignée de personnes dont le seul but est de faire accroître leur fortune », souligne Christian Hallum, responsable des questions fiscales chez Oxfam International.
Julia Hamlaoui, L’Humanité.
[Photo : © Pierre GLEIZES/REA]


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